L'instant du poète

April 20, 2018

 

C'est une contribution extérieure qui vient alimenter ce site aujourd'hui. C'est la poétique plume d'Yvonne Doix qui vient nous ravir. Merci à elle!

CG

 

                                    Les deux chorales 

 

 

Deux chorales se firent les yeux doux

Aller en un pays lointain

Ce n’était pas un projet fou

Si vous veniez en Beaufortain ? 

« Pauvre Evogic, que vas-tu faire ?

quitteras-tu l’Occitanie ?

oublieras-tu tes frères et ta terre ?

Par quel appel es-tu Saisie ? 

Là-haut , l’herbe n’a pas Verdi 

Et l’on y tombe en amusie »

Les Gignacois, dans un contagieux délire,

L’air inquiet, se plurent à dire

« Hélas ! que c’est terrible, il pleut,

mon frère aura-t-il ce qu’il veut,

 bon souper, bon gîte, et le reste,

aucune rencontre funeste ? »

Ce discours ébranla le cœur

De nos imprudents voyageurs.

Mais le désir de voir et une humeur parfaite

L’emportèrent enfin. «  Voilà, ne pleurez point

Trois jours au plus rendront notre âme satisfaite

Et nous reviendrons vous conter de point en point.

Quiconque ne voit guère

A dire aussi n’a guère. » 

C’était un vendredi

Et pas loin de midi

On vit arriver un car

Aguerri aux bécarres.

« Bienvenue sur nos terres

Et que l’amitié fasse chair

Faisons fi des ravins

Et place au beaufort et au vin. »

Il fallut une promenade digestive !

Même si la rencontre s’avérait festive

Pour honorer l’invitation

D’un concert restait la mission

Et donc la répétition.

Une église baroque

Etait là en voisine

Certes, ce n’était pas la Chapelle Sixtine

Mais elle fut Ad Hoc. 

Les corps, transportés de Gignac,

Attendaient, impatients, le bivouac.

Ils le trouvèrent au Calgary

Avec un ptit goût de revenez-y.

Aux flancs de neige encore blancs

D’aucuns préférèrent le plaisant agrément

Des jonquilles et des primevères.

D’Arêches ou de Villard, ils firent affaire.

Voilà nos gens rejoints.

De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines ?

Cela valut bien un refrain.

Sur ces terres étrangères, ils y furent heureux.

C’est qu’un fromage légendaire

Etait des plus savoureux

Et les liens chaleureux.

On y échangea le moelleux de la tartiflette

Contre la dentelle des oreillettes

Et Jean-Jacques les rebaptisa montagnettes.

Toujours le soleil les prit sous son aile.

On les laissa 

A la chapelle

Jouer aux menestrels.

On jubila.

L’humeur ne fut point chagrine.

Un petit coup de framboisine

Déroba la une aux clarines.

On oublia même Catherine et Pierre-Line.

On échangea 

A en perdre haleine

Force faridondaines.

On apprécia

De Jean-Louis les mélodies

De Pascal les psalmodies

De Lucile non pas l’Agnus Dei

Mais un vibrant Kyrié

Du père Daniel l ‘Homélie

Et toute l’amitié.

On s’hydrata

A la soupe de Françoise

L’ambiance se fit patoise.

Rien d’indigeste

Du Calgary à partager les restes

Quand les cœurs et les chants sont lestes. 

Les voix chantèrent en s’aimant

Les voix chantèrent en serment. 

Choristes enchantés, voulez-vous voyager ?

Que ce soit aux rives prochaines

De l’amour et de l’amitié.

A se retrouver, point de peine.

En Occitanie, il fut proposé.

Et tous les montagnards de s’emballer.

Il se raconta à Gignac

Que le voyage avait été paradisiaque. 

Soyez-vous les uns aux autres

Un monde toujours beau

Et par les chants qui sont les vôtres

Faites en un Eldorado. 

                                                

 

                                                                                               Yvonne Doix 

 

 

Au  nom du Bonheur est dans le Chant , et de toute cette amitié partagée lors de votre mémorable passage parmi nous. 

  13 /14/ 15 / avril 2018. 

                                                                                         

                                                                                    

 

 

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